Qu’est-ce qu’un point trigger?
Les Drs Janet Travell et David Simons, auteurs de Myofascial Pain and Dysfunction: The Trigger Point Manual, ont décrit un point trigger myofascial comme une zone très sensible associée à un nodule palpable dans une bande tendue d’un muscle squelettique. Dans le langage courant, on l’appelle souvent un « nœud » musculaire.
Un muscle affecté peut contenir plusieurs zones sensibles. Une pression exercée sur l’une d’elles peut reproduire un inconfort local ou provoquer une douleur ailleurs : c’est ce qu’on appelle la douleur projetée.
Les muscles soumis à une surcharge prolongée, à des mouvements répétitifs, à une blessure, à une mauvaise ergonomie ou à une tension liée au stress peuvent devenir douloureux et moins confortables à mobiliser. Les explications proposées concernant les points trigger comprennent des changements dans l’activité musculaire, la circulation locale et la sensibilité à la douleur, bien que les mécanismes exacts soient toujours à l’étude. Un muscle douloureux peut également sembler raide et avoir de la difficulté à s’allonger ou à se contracter confortablement.
L’effet domino
Lorsqu’un muscle douloureux ou fatigué ne fonctionne pas confortablement, les muscles voisins peuvent modifier leur façon de travailler pour aider à accomplir le mouvement. Ils risquent alors d’être surchargés à leur tour, créant une réaction en chaîne de tension et d’inconfort.
Un étirement forcé n’est pas toujours utile lorsqu’un muscle est très douloureux, mais la présence de points trigger n’interdit pas tous les étirements. Commencez par des mouvements doux et sans douleur ainsi que par un traitement approprié. Lorsque les symptômes diminuent, des étirements et un renforcement progressifs peuvent aider à retrouver un mouvement confortable. Arrêtez si un exercice provoque une douleur vive, un engourdissement, des picotements, une faiblesse ou une aggravation des symptômes.
Les points trigger sont fréquents
De nombreuses personnes remarquent des zones sensibles dans les muscles fréquemment utilisés ou maintenus sous tension. Ces zones peuvent apparaître en lien avec une surcharge physique, une activité répétitive, une blessure, une posture prolongée, un mauvais sommeil ou un stress émotionnel.
Les muscles sensibles autour du cou et des épaules peuvent être associés à une douleur au cou ou à l’épaule, à des maux de tête ou à des symptômes qui descendent dans le bras et la main. Toutefois, les étourdissements, les troubles de l’équilibre, les changements visuels, les symptômes touchant les sinus et l’engourdissement des mains peuvent avoir de nombreuses causes. Ne présumez pas que ces symptômes proviennent de points trigger. Les symptômes persistants, graves, soudains ou inexpliqués devraient être évalués par un professionnel de la santé.
La douleur projetée
Une caractéristique clinique associée aux points trigger est la douleur projetée : un inconfort ressenti ailleurs que dans la zone musculaire sensible sur laquelle une pression est exercée.
L’illustration des scalènes en est un bon exemple. Des points sensibles dans les muscles situés sur le côté du cou peuvent être associés à un inconfort ressenti autour de l’épaule, de la poitrine, du bras, de la main ou des doigts. Un schéma familier peut fournir un indice, mais une illustration ne permet pas de diagnostiquer la cause des symptômes d’une personne.
La douleur, les picotements, l’engourdissement ou la faiblesse dans un bras ou une main peuvent également être liés aux nerfs, aux vaisseaux sanguins, aux articulations ou à d’autres problèmes médicaux. Une évaluation professionnelle est recommandée si ces symptômes persistent ou s’aggravent.
La thérapie des points trigger
La thérapie des points trigger utilise une pression et des mouvements soigneusement dirigés afin d’aider à réduire la sensibilité musculaire et à améliorer le confort des mouvements. Le traitement peut être effectué par un professionnel qualifié ou, lorsque cela est approprié, pratiqué doucement sous forme d’automassage.
L’automassage est abordable et pratique, mais il ne garantit pas la disparition de toutes les formes de douleur et ne doit pas remplacer un diagnostic ou les soins médicaux nécessaires. La pression doit demeurer tolérable et contrôlée; elle ne doit pas provoquer une douleur vive, une sensation électrique, un engourdissement ou des ecchymoses.
Outils d’automassage des points trigger
Vos mains et une balle de tennis
La bonne nouvelle, c’est que l’automassage n’a pas besoin d’être coûteux. Vos mains et une balle de tennis peuvent suffire pour de nombreuses zones musculaires accessibles.
L’utilisation d’une balle contre un mur vous donne plus de contrôle que lorsque vous vous allongez dessus. Placez la balle sur le muscle plutôt que sur un os, puis appuyez-vous progressivement contre elle. Si vous avez de la difficulté à contrôler la balle ou à la maintenir en place, insérez-la dans une chaussette. Tenez l’extrémité de la chaussette afin de guider la balle et de la positionner précisément à l’endroit désiré.
Une canne de massage
Si vous pratiquez régulièrement l’automassage et souhaitez réduire l’effort imposé à vos mains, à vos doigts et à vos pouces, une canne de massage peut être utile. Sa forme courbée peut vous aider à atteindre des zones musculaires du haut et du milieu du dos qui sont autrement difficiles d’accès.
Comme la canne procure un effet de levier, il est facile d’exercer une pression excessive. Commencez par tirer très légèrement, gardez l’extrémité arrondie éloignée de la colonne vertébrale et des structures sensibles, et ne continuez jamais si vous ressentez une douleur vive ou irradiante.
Note de sécurité importante
Consultez rapidement un professionnel de la santé en cas de douleur à la poitrine, de difficulté à respirer, de mal de tête soudain et intense, de nouvelle faiblesse, de perte de coordination, d’évanouissement, de symptômes survenant après une blessure importante ou de douleur accompagnée de fièvre, d’enflure inexpliquée ou d’une modification de la couleur de la peau. Consultez un professionnel de la santé avant de pratiquer l’automassage si vous prenez des anticoagulants, souffrez d’un trouble de la coagulation, d’ostéoporose grave ou d’une diminution de la sensibilité, suivez un traitement actif contre le cancer, présentez un risque de caillot sanguin ou avez récemment subi une intervention chirurgicale.
Sources et lectures complémentaires
- Travell, J. G. et Simons, D. G. Myofascial Pain and Dysfunction: The Trigger Point Manual.
- StatPearls : syndrome de douleur myofasciale
- Mayo Clinic : syndrome de douleur myofasciale
- Cleveland Clinic : thérapie de relâchement myofascial
J’espère que ces renseignements vous ont été utiles. Merci de votre lecture!
Michel Bourgeois
Massothérapeute agréé
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis médical, un diagnostic ou un traitement.